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Interview de Oks Amisse de LPO Anjou : Valoriser la biodiversité locale grâce à la communication et aux partenariats

Bonjour Oks, pouvez-vous vous présenter brièvement et nous expliquer en quoi votre parcours vous a conduit à vous engager au sein de la LPO Anjou pour valoriser la biodiversité locale, notamment en Maine-et-Loire ?Depuis l'adolescence, je m'intéresse aux luttes politiques,...

28 juillet 2026 6 min de lecture
Interview de Oks Amisse de LPO Anjou : Valoriser la biodiversité locale grâce à la communication et aux partenariats

Bonjour Oks, pouvez-vous vous présenter brièvement et nous expliquer en quoi votre parcours vous a conduit à vous engager au sein de la LPO Anjou pour valoriser la biodiversité locale, notamment en Maine-et-Loire ?

Depuis l'adolescence, je m'intéresse aux luttes politiques, ce qui m'a amené à comprendre les enjeux écologiques généraux (développement durable, transition écologique), mais c'est ma passion pour les animaux qui m'a poussé à postuler pour la LPO Anjou. J'ai longtemps étudié les langues et les cultures étrangères, mais c'est pendant mon master que j'ai découvert la communication et le graphisme. Ça a été un tournant pour moi, j'aime le côté créatif de mon métier, et la possibilité de mobiliser le grand public pour s'engager avec nous. Je veux travailler pour une cause qui me parait juste et nécessaire, et mettre mes compétences au profit d'un collectif qui se bat pour ce en quoi je crois, ça me parait être une évidence.

LPO Anjou possède et gère près de 450 hectares, dont une grande partie dans les Basses Vallées Angevines, avec la plus importante population française de Râles des genêts. Concrètement, comment transformez-vous ces enjeux de conservation très techniques en messages et en actions compréhensibles et mobilisatrices pour le grand public et les partenaires du territoire ?

Ça passe beaucoup par de la médiation scientifique, et j'ai la chance de travailler avec des collègues dont c'est la spécialité, donc je suis très bien épaulé. Il faut tout expliquer, à tous les niveaux : il faut pouvoir prendre en compte les gens qui n'y connaissent rien de rien, mais qui ont envie d'aider, tout en continuant à mobiliser les bénévoles experts du sujet qui s'investissent depuis des années ! On ne peut pas rentrer dans tous les détails de toutes les actions, mais si on arrive déjà à donner des clés de compréhension concernant nos actions, les raisons qui nous poussent à prendre telles décisions, et les bienfaits que cela peut avoir pour la nature, c'est un grand pas en avant.

Vous travaillez avec un large éventail d’acteurs – offices de tourisme, centres sociaux, entreprises partenaires… Pouvez-vous nous décrire un exemple de partenariat particulièrement réussi où cette coopération a vraiment permis de mieux faire connaître et protéger la faune et la flore locales, et ce qui a fait, selon vous, la différence ?

Je peux parler de la commune d'Avrillé, avec qui on a travaillé notamment pour des animations grand public, dans le cadre de l'Atlas de Biodiversité Intercommunal, et qui a débouché sur la mise en Refuge LPO du Parc des Poumons Verts ! Ce qui fait la différence, à mon avis, ce sont les échanges humains et la volonté d'avancer ensemble vers un objectif partagé. Désormais, le parc est reconnu comme un lieu exceptionnel, et les habitants chercheront à comprendre ce qui en fait un refuge pour la faune et la flore. Ça les amènera sûrement à apprécier les oiseaux, les chauves-souris, ou les arbres !

Entre la gestion d’une Réserve Naturelle Régionale comme le Pont-Barré, la protection des sternes sur la Loire ou encore le suivi des amphibiens et reptiles, les sujets sont multiples. Comment priorisez-vous les messages à faire passer pour éviter la « fatigue environnementale » tout en montrant l’urgence de la situation, par exemple sur des espèces en déclin brutal comme le Râle des genêts ?

Pour moi, il faut bien alterner entre les nouvelles "positives" et "négatives". Oui, certaines espèces sont en déclin brutal, et on se mobilise pour elles, mais d'autres réapparaissent dans notre département : le Balbuzard pêcheur, le Castor d'Europe... Il y a forcément des sujets qu'il faut traiter en urgence (comme l'aide aux Martinets noirs pendant les canicules), mais c'est dans ces moments-là que les gens veulent agir le plus, pour contrer l'éco-anxiété.

Dans un département déjà très sollicité par les enjeux agricoles, touristiques et économiques, quelles résistances ou incompréhensions rencontrez-vous encore quand il s’agit de valoriser la biodiversité locale, et comment le travail avec des relais de terrain (associations, collectivités, réseaux régionaux comme FNE Anjou ou LPO Pays de la Loire) permet-il de les dépasser ?

Il y a forcément les gens qui pensent que notre mission ne sert à rien, ou ceux qui estiment qu'on est contre les agriculteurs, par exemple. Mais au niveau local, on arrive très bien à travailler avec beaucoup de collectivités, et on est en contact régulier avec de nombreuses associations agricoles, que nous soutenons dans leurs missions et vice-versa. Ces partenaires permettent d'appuyer nos positions, et de montrer qu'il est possible de faire perdurer les activités humaines tout en préservant la nature.

Si l’on se projette à 5 ou 10 ans, comment imaginez-vous l’évolution du rôle de structures comme LPO Anjou dans le territoire : quels nouveaux types de partenariats, de projets ou de formes de valorisation de la nature vous semblent incontournables pour que la biodiversité devienne un véritable atout partagé à l’échelle du Maine-et-Loire ?

Pour moi, cela ne dépend pas que de la LPO Anjou : on veut développer des partenariats avec les entreprises, et monter des projets toujours innovants, mais il faut une vraie prise de conscience générale, à l'échelle des citoyens, des collectivités, du département et même de la région. Si on veut que la biodiversité soit une fierté, tout le monde doit se mettre à la prendre en compte et à la protéger.

Pour conclure, quel message aimeriez-vous adresser à nos lecteurs – qu’ils soient habitants, élus locaux ou responsables d’entreprises – sur ce qu’ils peuvent concrètement faire, dès maintenant, pour participer à la mise en valeur et à la protection de la biodiversité près de chez eux, aux côtés de LPO Anjou ?

Si vous avez du terrain, n'hésitez pas à devenir Refuge LPO (particulier, entreprise, collectivité, établissement). Vous pouvez aussi adhérer à notre association, cela nous donne du poids dans les instances de décision, et ça montre que les gens se soucient de l'environnement. Vous pouvez aussi faire du bénévolat, comme des recensements des parcs près de chez vous, ou même juste dans votre jardin. 5 minutes par jour suffisent. Le meilleur moyen de contrer l'éco-anxiété, c'est de lutter tous ensemble pour que notre belle nature perdure !

Pour en savoir plus : https://lpo-anjou.org/